mise à jour mars 2008

Ascendance et consanguinité

 

  Nous nous sommes proposé de s'occuper d'un tabou et de regarder, sur un exemple concret, le problème de la consanguinité dans le cas d'une Grande Famille.
 - dans ce sens nous considérons que les descendants des Branches Grigore V Ghyka Voda et Ghyka-Budesti offrent les ascendances les plus longues et les plus riches dans l'imbrication des diverses familles, donc les plus adaptées pour ce genre d'exercice; et afin d'éviter tout malentendu nous avons choisi notre propre ascendance.
 
  Ascendance de Mona Ghyka:
     - nous avons respecté le principe du système Sosa-Stradonitz mais nous avons préféré une présentation "visuelle" à la place d'une interminable liste de noms et de numéros;
 - afin de permettre la visualisation des diverses parentés nous avons répété le développement complet de toutes les familles;
 - certaines familles s'arrètent très tôt par manque d'éléments généalogiques fiables et pour d'autres nous avons gardé les incertitudes et les doutes des généalogies officielles;
 - pour la numérotation des générations nous avons gardé celle de l'Arbre des Ghika;
 - avec le jeux des âges de mariage et les nombreuses branches des grandes familles, le même nom (le même couple) peut apparaître dans deux ou même trois générations différentes.
 - afin de ne pas trop alourdir la présentation, nous avons arrêté les Cantacuzino au couple Mihai Cantacuzino (Saintanoglu)-Maria Basarab et la continuation pour les Musatini et Basarabi (ainsi que pour les Cantacuzino et Mavrocordat) peut être consultée sur le Site.
 - il est évident qu'à partir de Alexandru Ghika (1698-1741) l'ascendance est la même pour tous les Ghika, de Moldavie ou de Valachie
 
   
 - dans la partie supérieure du tableau, la répétition des principaux ancêtres communs se répartie comme suit:
Basarab - Mircea Voda 17 fois
Cantacuzino - Mihai (Saintanoglu) 16 fois
Racovita-Cehan 16 fois
Sturdza - Matei 11 fois
Musat - Stefan cel Mare 9 fois     etc. etc.
  Consanguinité:
     - On s'est beaucoup intéressé et on a beaucoup parlé et écrit, depuis des siècles, sur la parenté et sur la consanguinité (et encore plus depuis l'apparition de la soi-disant théorie de l'évolution); En ce qui concerne les populations humaines, les familles et leurs généalogies, on trouve des approches et des interprétations différentes suivant qu'on se place du côté civil ou religieux et, depuis plus récemment, du point de vue scientifique. Même du point de vue philosophique, on a essayé de justifier les révolutions par la nécessité d'interrompre les "tares héréditaires" cause de la "décadence" et de la "dégénérescence" des familles royales ou des familles nobles tout court.
 - avant le XIIe s. les mariages consanguins étaient fréquents et sans limite de degré, le but étant de conserver les patrimoines au sein des familles;
 - au XIIe s. l'Eglise romaine impose une limite au septième degré de parenté;
 - au XIIIe s. l'Eglise remonte la limite au quatrième degré et impose la proclamation des bans afin d'empêcher les mariages clandestins ne respectant pas cette interdiction;
 - il faut préciser que le degré de parenté n'est pas le même pour le mariage civil ou religieux: ex.: pour les cousins germains la parenté est de deuxième degré pour l'Eglise catholique et de quatrième degré pour la loi civile pour laquelle le père et le fils sont des parents de premier degré, les frères et les soeurs parents de deuxième degré.
 - aujourd'hui la limite se trouve au niveau du mariage entre cousins germains lequel est interdit dans plus de la moitié des Etats, mais même là ou il est autorisé il n'est pas porteur d'une bonne image.
 
  Les définitions:
 
  Dans le Dictionnaire Le LITTRE (1872 - 1876) on trouve pour le mot Parenté deux sens différents:
 1. Consanguinité. "...Degré de parenté se dit du nombre de générations qui séparent entre eux deux membres de la même famille ... Dans la lignée collatérale, les degrés de parenté se comptent, d'après le droit romain et notre droit civil, en remontant d'un des deux collatéraux à l'auteur commun, puis en descendant de là jusqu'au second. Selon le droit canonique, on ne compte que les générations de la branche la plus distante de l'auteur commun, ou, en d'autres termes, chaque génération ne compte qu'une fois pour les deux parents. Ainsi deux frères sont au second degré de parenté latérale selon la loi civile, et au premier selon la loi canonique."
 2. Collectivement. "Tous les parents et alliés d'une même personne..."

Table de consanguinité de la famille Delor, XVIIIe s.
  Archives d'Etat de Genève, Archives privées 8
 - l'Encyclopédie Universalis (1996) en faisant référence à cette définition, précise: "... Mais la consanguinité ne saurait avoir le sens restreint que lui donne le Code Civil, pour qui les seuls parents en ligne paternelle sont des consanguins; elle s'oppose ici à l'affinité. Les consanguins sont tous les parents qui ne sont pas des alliés. Cette définition est conforme à l'usage international ainsi qu'au droit canon..."
 
  Le calcul :
  Taux d'implexe:
    = le rapport entre le nombre total d'ancêtres qu'aurait dû avoir un individu (ou un couple) et le nombre d'ancêtres qu'il a réellement
  Degré de parenté:
    = la(les) chaîne(s) d'individus reliant un individu (couple) à ses ancêtres
  Coefficient (taux) de consanguinité:
    = le degré (coefficient) de parenté de ses parents
  Les diverses méthodes de calcul sont basées sur la formule de MALECOT:
   
où: n1 et n2 représentent le nombre de générations
      Fa = le degré (coefficient) de consanguinité des ancêtres communs
Si à la place des générations on compte les individus, le terme +1 de la puissance disparaît.
Comme ordre de grandeur et à titre de comparaison, quelques valeurs théoriques (en supposant que pour les ancêtres Fa=0):
frère (soeur) & soeur (frère) 25%
oncle (tante) & nièce (neveu) 12.5%
grand parent & petit-fils (petite-fille) 12.5%
deux cousins germains 6.25%
  Il faut préciser que la parenté concerne un couple et la consanguinité concerne l'individu issu de ce couple.
   
  Le résultat :
   - l'ascendance présentée a été reconstituée (selon les éléments en notre possession) sur 17 générations (les 13 de l'Arbre des Ghika + encore 4 jusqu'à Stefan cel Mare) et le taux de consanguinité a été déterminé pour tous les individus mentionnés.
 - nous vous présentons les résultats pour les premières 6 générations qui peuvent être intéressants pour les descendants.
 - les coefficients de consanguinité sont indiqués en rouge, pour les individus non marqués le taux est nul (arrondis à la 3e décimale).
 - les générations sont numérotées selon l'Arbre des Ghika et les numéros des individus selon le système Sosa-Stradonitz avec l'indication de la suite de l'ascendance
 
   
   - nous ne publions pas les valeurs pour la partie supérieure du tableau (10 générations) où on trouve quelques situations intéressantes, mais dont les valeurs individuelles ne présentent pas d'intérêt en soi pour les descendants récents; d'autant plus que les coefficients des individus de la 7e génération reflètent l'apport de tous ceux qui se trouvent plus haut.
 - pour la correctitude des données nous nous proposons d'apporter les corrections nécessaires dans le cas d'erreurs dans l'ascendance ou de développements ultérieurs pour les familles pour lesquelles ne disposons pas d'éléments aujourd'hui.
     
  Pour les amateurs de statistiques:
      - dans l'ascendance étudiée (17 générations):
familles trouvées  139
individus inscrits (y c. les répétitions) 1081
individus distincts  411
  - et les détails pour les 13 générations des Ghika:
Génération
Total Ancêtres
Ancêtres trouvées
1ère
4096
166
4.1%
2e
2048
176
8.6%
3e
1024
156
15.2%
4e
512
124
24.2%
5e
256
80
31.3%
6e
128
54
42.2%
7e
64
34
53.1%
8e
32
24
75%
9e
16
12
75%
10e
8
6
100%
11e
4
4
100%
12e
2
2
100%
  En guise de conclusions:
      - les valeurs calculées ne sont valables que pour l'ascendance présentée !
  - libre à chacun de tirer ses conclusions de notre exemple ou de garder ses idées d'avant .....
  - un petit calcul: au niveau de notre 17e génération - soit env. 500 ans - on devrait trouver 131.072 ancêtres avec 262.144 individus inscrits. En remontant ne serait-ce que jusqu'à l'an 1000, le nombre d'ancêtres et le nombre total de parents (soit la somme de toutes les puissances de 2 jusqu'à env. 35-40) dépasse bien le nombre total d'individus ayant jamais vécu sur Terre !!!
  - la conclusion qui s'impose: nous sommes tous consanguins !

 

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